23/06/10
Europ Auction
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Tél.
: 01 42 46 43 94
Estimation
: 1 020 000 - 1 156 000 CHF
Lot n°80
BOUDDHA DEBOUT CALCAIRE GRIS, CHINE, SITE DE LUNGMEN Imposante sculpture représentant Bouddha debout dans une attitude frontale, légèrement déhanché, le pied gauche en avant et les mains, aujourd'hui manquantes, en Abhaya-Mudra (geste symbolisant la paix, l'offrande et la charité). Il est vêtu d'une longue robe; une forte influence indienne se révèle dans le traitement de son drapé. Sous la dynastie Tang, au VIIIe siècle, la sculpture chinoise s'inspire à nouveau de l'iconographie indienne. Le traitement du plissé, souple, laissant apparaître les formes du corps, et la façon dont le vêtement est porté rappellent l'école de Mathura. D'inspiration typiquement chinoise sont les retombés du drapé, marqués d'incisions concentriques. Ainsi, cette sculpture mêle au hiératisme de la sculpture chinoise officielle la douceur du bouddhisme indien. La pierre noire extrêmement dure et le revêtement calcaire dû aux eaux de ruissellement sont typiques du site de Lungmen. Etat : Manques et accidents visibles. Cassure et quelques éclats bouchés au niveau de la taille. Petits éclats bouchés au niveau des bras. Dynastie TANG (618-907 ap JC) H 171 cm Provenance : Collection privée, Hong Kong, jusqu'en 1995 Galerie Jacques Barrère, Paris, 1995-2006 Biennale des Antiquaires, Paris, 2006 Collection privée européenne 2006-2010 Référence: -un buste similaire mais de taille inférieure est reproduit p. 170, planche 120 dans: Arts de la Chine, Tome I, Office du Livre, Fribourg, 1960. -un Bouddha complet, de même taille et provenant du même site est reproduit dans: The Buddha in the Dragon Gate, Buddhist sculpture of the 5th-9th centuries from Lungmen, China, n°33, page 135. Sous la dynastie Tang, le contact avec les royaumes du Sud de la Chine favorise le renouveau des influences indiennes, et donne à la statuaire chinoise un caractère beaucoup plus vivant. Ainsi le corps, légèrement déhanché, est traité avec un plus grand réalisme et le mouvement maîtrisé; le traitement drapé vise à reproduire l'effet «indianisant» d'une enveloppe diaphane. La statuaire bouddhique chinoise dérivait d'une foi religieuse profonde, et son apparence formelle visait à engendrer ou à exprimer les émotions religieuses propres au bouddhisme chinois. Peu de noms de sculpteurs individuels ont subsisté et presque rien de leurs oeuvres; la plupart d'entre eux exprimaient une sensibilité qui n'était pas tant personnelle que commune à un peuple et à une époque. Le propos n'était ni le réalisme, ni une quelconque vocation décorative; il s'agissait d'être icône, support pour un message religieux, d'où une simplicité et une pureté des images que l'on peut qualifier de «douceur visionnaire». For an English translation of the footnote, please refer to page 285 |
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